Formation en sciences de la santé: Comment les technologies immersives façonnent les cursus
- IA, réalité augmentée, mannequins haute fidélité … Des outils de pointe au cœur des parcours
- Ils permettent aux étudiants de s’entraîner dans des environnements simulés ultra-réalistes
Face aux avancées considérables de l’intelligence artificielle et des technologies immersives, les corps de métier amorcent une nouvelle ère. Une révolution à laquelle les professions de la santé n’échappent pas, poussant les établissements de formation du secteur à introduire ces outils de pointe dans leurs programmes, pour permettre aux étudiants de s’adapter à ces pratiques et les maîtriser.
l Des centres de simulation
médicale nouvelle génération pour s’entraîner en situation critique
Les universités marocaines sont plus nombreuses à intégrer dans leurs cursus la simulation médicale. Leurs programmes utilisent des mannequins haute-fidélité et des scénarios réels, combinés dans certains cas à la réalité virtuelle. Des technologies qui permettent aux apprenants de s’exercer dans des environnements simulés ultra-réalistes, en réalisant par exemple des chirurgies simulées sans risque pour les patients ou, encore, en s’entraînant à des gestes techniques comme la pose d’un cathéter ou d’un stéthoscope.
«La formation médicale ne peut plus se limiter à une approche théorique. Elle doit désormais refléter la complexité du réel, avec des situations cliniques variées et des environnements en constante évolution», confie à ce sujet le vice-président en charge du Pôle Santé de l’Université Euromed de Fès Chakib Nejjari. «C’est dans cette logique que l’UEMF a développé des approches pédagogiques fondées sur l’immersion, notamment à travers la simulation médicale et l’apprentissage par cas concrets», tient à souligner le responsable. «Les programmes de simulation que nous offrons permettent à nos étudiants en médecine dentaire de développer des compétences techniques directement liées aux réalités du marché et aux transformations des différents secteurs d’activité», ajoute sur ce point le vice-président de l’Université Privée de Fès (UPF) Jamil Mohammed Ouazzani.
L’UM6P, quant à elle, propose à ses étudiants d’accéder à un centre de simulation médicale de nouvelle génération, leur permettant de s’entraîner en situations critiques et multidisciplinaires au cœur d’un environnement sécurisé proche du réel. «La simulation médicale avancée, la réalité virtuelle et les environnements numériques permettent aujourd’hui de recréer des parcours patients complets, intégrant diagnostic, prise en charge et suivi. Ces dispositifs offrent aux étudiants la possibilité de développer leurs compétences en raisonnement clinique, en gestion de l’incertitude et en interaction via des outils d’aide à la décision», explique à ce propos le doyen de la faculté des sciences médicales et directeur de la Smart Heart Care City de l’UM6P, Rachid El Fatimy.
Les universités du Royaume intègrent dans leurs cursus la simulation médicale. C’est notamment le cas de l’UM6P, qui offre à ses étudiants la possibilité de s’entraîner dans des environnements simulés ultra-réalistes, au moyen de mannequins haute-fidélité et de scénarios réels.

l Offrir aux patients des traitements innovants et améliorer les
diagnostics
Autre outil de pointe à avoir été introduit dans les cursus universitaire, l’intelligence artificielle permet de moderniser les pratiques médicales et d’offrir aux patients des traitements innovants, en améliorant sensiblement les diagnostics et en accélérant leur récupération. Les étudiants formés apprennent ainsi à exploiter pleinement les technologies d’analyse de données massives, d’apprentissage automatique et de robotique, ce qui augmente sensiblement la précision de leurs diagnostics et contribue à redéfinir la gestion globale des soins de santé. Pionnière dans ce domaine en ouvrant dès 2018 une école d’ingénierie dédiée, l’UEMF intègre aujourd’hui ces compétences de manière naturelle dans ses formations en santé. «Le digital et l’intelligence artificielle occupent une place centrale dans nos parcours, car ils transforment déjà concrètement l’exercice médical. Exposés très tôt à l’analyse de données, aux outils d’aide à la décision ainsi qu’aux technologies médicales les plus innovantes, ils apprennent progressivement à comprendre les logiques qui sous-tendent ces outils, à en maîtriser les usages et à en apprécier les limites», précise à ce propos Chakib Nejjari. Autre université à avoir embrassé cette révolution, l’Université privée de Fès intègre depuis plusieurs années dans ses programmes l’intelligence artificielle, le digital, l’analyse de données et les outils collaboratifs. «Nous proposons aux étudiants en médecine dentaire une approche orientée vers la pratique, l’innovation mais, avant et surtout, l’employabilité», explique son vice-président. «L’objectif n’est pas de former de simples utilisateurs, mais des professionnels capables d’exercer dans un environnement médical de plus en plus numérisé», renchérit-il.
l Former une nouvelle génération de médecins capables d’évoluer dans un environnement où la donnée et la technologie sont omniprésentes
A l’UM6P, dans le cadre du développement de sa Smart Health Care City (SHCC) qui regroupe la faculté des sciences médicales, l’hôpital universitaire UM6P Hospitals ainsi qu’un écosystème d’innovation incluant un biopark, le digital et l’intelligence artificielle constituent aussi des fondations structurantes de la formation médicale. L’université intègre en effet plusieurs modules dédiés à l’IA, à la data science et à la médecine numérique, directement appliqués à des cas cliniques réels et introduits dès la première année d’études médicales.
Les étudiants sont ainsi formés à décrypter les algorithmes, à les interpréter dans un contexte clinique, puis à en questionner les limites, notamment sur les plans éthiques et décisionnels. «L’objectif est de former une nouvelle génération de médecins capables d’évoluer dans un environnement ou la donnée et la technologie deviennent omniprésentes, en développant un véritable esprit de data science, soutenu par une formation par la recherche et des parcours intégrés de doubles diplomation», précise le doyen de sa faculté des sciences médicales.
Avantages et limites
– Points forts: Apprentissage sans risque/Entraînement accessible/Prise en charge améliorée pour les patients
– Contraintes: Coût élevé des équipements/Besoin d’une formation spécifique pour les étudiants.
Des compétences augmentées
■ Médecine personnalisée: Optimisation des soins via l’apprentissage automatique
■ Analyse de données médicales: Traitement d’imagerie médicale et de données cliniques par algorithmes
■ Gestion des soins: Utilisation de la robotique et de la médecine connectée.
Apprendre aux futurs médecins à maîtriser ces outils et à en faire un usage pertinent dans leur exercice quotidien
Egalement en pleine expansion, la réalité augmentée est de plus en plus utilisée dans la formation médicale, chirurgicale et paramédicale. Contrairement à la réalité virtuelle qui plonge l’utilisateur dans un monde entièrement virtuel, elle superpose des informations numériques dans le monde réel. Un outil de pointe qui permet aux étudiants d’examiner le corps humain en 3D et de mieux comprendre ainsi l’interaction entre les organes ou, encore, les entraîne efficacement aux différents protocoles de réanimation via des guides interactifs en temps réel. La technologie peut aussi servir d’assistant lors des opérations chirurgicales, permettant aux chirurgiens d’afficher des images médicales en temps réel directement dans leur champ de vision. «L’utilisation de la réalité augmentée renforce significativement l’apprentissage immersif, notamment pour l’anatomie et les gestes les plus techniques», confie Rachid El Fatimy. «Les universités doivent désormais former des médecins capables de comprendre ces outils de diagnostics avancés, d’interagir avec eux et d’en faire un usage pertinent dans leur exercice quotidien», complète à ce sujet Nejjari.
Karim AGOUMI





