Je démarre dans l’enseignement supérieur: Des étudiants racontent leur première année
- Se doter d’une discipline de travail
- S’ouvrir au champ des possibles de l’université/école
- S’entourer et conserver un mode de vie sain

À l’évocation de leur entrée en études supérieures, les trois étudiants affichent un sourire presque nostalgique. Saâd Najjari, 19 ans, Hafsa Mhrizou, 22 ans, et Badr Mardi, 21 ans. Saâd et Hafsa étudient tous les deux à l’Université internationale de Rabat (UIR). Saâd s’est tourné vers le commerce à Rabat Business School (RBS) tandis que Hafsa a choisi la faculté de médecine. Badr Mardi, quant à lui, étudie à l’École supérieure de l’industrie textile et de l’habillement (Esith) de Casablanca.
Badr entame en ce mois de septembre sa troisième année d’études à l’Insa en France, quand les deux autres entrent dans leur deuxième année de licence.
La grande inconnue
La première année est celle de la grande inconnue. Et parmi les moments qui ont marqué leurs débuts, la semaine d’intégration occupe une place particulière: «Elle a permis une présentation du programme, de visiter une entreprise, et de tisser de nouveaux liens d’amitié avec des personnes issues de différentes classes sociales», se souvient Badr Mardi, étudiant à l’Esith. Dans cet environnement collectif, les étudiants apprennent à faire groupe et prennent connaissance de ce qui les attend.
À RBS, cette semaine a permis aux étudiants d’être orientés et bien informés, selon Saâd Najjari qui avoue avoir été rassuré: «Cette semaine d’intégration m’a permis de voir une image organisée de l’école et de son esprit d’initiative». Quand Hafsa Mhrizou évoque la réunion de pré-rentrée à l’UIR, elle se rappelle avec autodérision de son aisance remarquable: «On nous a demandé d’expliquer des extraits du serment d’Hippocrate. J’ai pris le micro et me suis levée». Après son expérience d’un an au sein du parcours spécifique santé (PASS) puis à la faculté de chimie de Lille, pas question pour l’étudiante de s’encombrer de peurs: «Avant je ne l’aurais pas fait. Mais c’est fou, quand vous subissez l’échec, vous relativisez le stress».

Autonomie et gestion du temps
Une fois installés dans les salles de cours et amphithéâtres, le changement se fait ressentir. La prise de notes dans un premier temps, les révisions, puis les examens s’enchaînent et changent radicalement les habitudes lycéennes. «Il fallait tout oublier de la faculté des sciences, avec un autre programme, une autre méthodologie. J’ai appris à gérer mon temps», se souvient Badr Mardi, qui a passé deux ans à la faculté des sciences et techniques de Settat avant d’être admis à l’Esith. Pour Saâd Najjari, le plus difficile était dans le changement de rythme: «Une autonomie est attendue, avec une certaine gestion du temps. L’environnement plus compétitif attend de nous d’être organisés, de changer nos méthodes actives, de prises de notes, de révision…». Et ce changement ne s’opère pas sans responsabilité. «La difficulté n’était pas tellement académique mais pédagogique», appuie Saâd Najjari, «car il fallait apprendre à sortir de sa zone de confort, à travailler avec des personnes de culture, de religion et d’âge différents».
Les facteurs de réussite
Les trois étudiants ont réussi leur première année avec brillo. Les facteurs de réussite, pour Badr Mardi, sont «parfois liés à nous-mêmes, mais aussi à l’entourage». Après ses deux premières années remarquables, l’étudiant revient sur son parcours avec humilité: «On est des êtres humains, on a une marge d’erreur. Il y a des hauts et des bas, et quand on est en bas, il faut accepter l’échec pour recommencer et progresser».
Il souligne: «Dans ce sens, l’étudiant est assoiffé de l’estime et de la validation de l’autre». En période de préparation, Badr se souvient du soutien de ses parents qui ont joué un rôle très important et l’ont encouragé pour sa réussite. Chercher le meilleur est désormais le leitmotiv des trois étudiants, toujours désireux d’apprendre.
Déjà projetés dans le monde professionnel
Pas question pour les trois étudiants de se cantonner aux compétences académiques, mais bien d’aller en chercher de nouvelles. «Au-delà des compétences techniques liées à l’école, les compétences managériales ou sociales sont tout aussi importantes». Dès sa première année, Badr Mardi a intégré plusieurs clubs, qui sont pour lui de «véritables points d’intersection avec les autres filières». Ils lui ont permis de prendre la parole devant un large public, ou encore d’argumenter sur divers sujets.
Saâd Najjari est du même avis: les soft skills, comme il les appelle, sont très importantes à développer. Pour lui, elles passent notamment par la création de réseaux et des prises de contact.
Pour Hafsa, les compétences liées à son futur métier doivent être constamment travaillées et réfléchies. Elles impliquent une pensée critique du métier, de réfléchir à son éthique et de la responsabilité qui l’incombe: «En médecine, on n’arrête jamais d’apprendre. La médecine, pour moi, c’est être un bon clinicien: c’est savoir accueillir les patients, les soigner, utiliser mes connaissances».
Ces erreurs à éviter
Le passage du second cycle au supérieur a permis aux trois étudiants d’évoluer. Ils ont aujourd’hui le recul de leur propre expérience. Entre les différentes rencontres qu’ils ont faites à l’université, le suivi de leurs professeurs et leur propre regard, ils partagent leur liste d’erreurs à éviter.
- Ne pas sous-estimer la charge de travail: Cela demande de l’engagement, de la rigueur et de la régularité. Pour cela, se créer un mode de vie sain et gérer son temps est essentiel, selon les étudiants interrogés.
- Ne pas s’isoler: Demander des conseils, aller au-devant des propositions faites par l’école. Créer des liens aussi, avec les clubs ou via le réseau social professionnel LinkedIn.
- Ne pas se sacrifier: Dans la gestion du temps, il est nécessaire de conserver un mode de vie sain. Faire une activité physique, avoir un bon sommeil et manger sainement.
Clara DUCHENE
(Stagiaire)




