Je démarre en fac de sciences: Organisation et participation massive aux TD!
- Attention à ne pas décrocher dès les premières semaines
- Ne pas tomber dans le piège de la «liberté» en première année
- Utiliser le numérique avec esprit critique et discernement
Passer à la fac, ce n’est pas toujours évident pour les nouveaux bacheliers. Habitués à un encadrement rapproché, ils se retrouvent au milieu de grands amphis, perdus dans la masse.

Ceux des facs de sciences arrivent en plus, pour une grande partie, en n’étant pas convaincus de leur choix, selon Abdelaziz Soukri, doyen de la faculté des sciences Aïn Chock de Casablanca. Ayant raté les concours de médecine et des grandes écoles d’ingénieurs, ils choisissent la fac de sciences par défaut. Côté motivation, ça démarre plutôt mal.
Les facs en sont conscientes, et tentent de faciliter l’intégration de nouveaux venus. A celle d’Aïn Chock, des journées portes ouvertes sont organisées la première semaine de septembre, avec toute une chaîne permettant de faciliter l’inscription. Elle est formée de doctorants moniteurs et membres des clubs étudiants, chapeautés par des responsables pédagogiques.
Les nouveaux bacheliers sont écoutés, orientés et aidés dans toutes les démarches (découverte des filières, activation de l’espace numérique de travail, inscription à l’AMO…). Vers fin septembre, une semaine d’intégration est organisée pour les familiariser avec leur nouvel établissement.
La règle d’or
A partir de la mi-semestre, ils peuvent bénéficier du tutorat de doctorants et même d’enseignants. «Malheureusement, en général les étudiants ne se présentent pas pour en profiter», regrette Soukri.
A la faculté des sciences Semlalia de l’université Cadi Ayyad de Marrakech aussi, un service d’orientation administrative est mobilisé, de même que des coordonnateurs de filières répondant aux questions des étudiants. La faculté propose également du tutorat et des séances de soutien. Un module compris dans les programmes de la première année permet, en outre, de briefer les étudiants sur la méthodologie de travail universitaire. Pour son doyen, Hassan El Mouden, la règle d’or pour réussir sa première année, c’est de ne pas décrocher dès les premières semaines. «L’assiduité, l’organisation et la participation active aux travaux dirigés et travaux pratiques sont les clés de la réussite. En plus de ces dispositifs pédagogiques, l’intégration passe aussi par la vie associative et les clubs scientifiques ou culturels», insiste-t-il.
En effet, se sentant libres, beaucoup décident de faire l’impasse sur les cours et se contentent de faire des photocopies plus tard. A un certain moment, ils se retrouvent noyés et ne peuvent plus rattraper leur retard. «Il faut à tout prix assister aux cours, mais aussi aux TD et TP, car c’est là où le contact avec les profs peut s’établir, et qu’il est possible de formuler des questions», appuie Abdelaziz Soukri. D’autres attendent de recevoir les power point ou en capturent des photos, sans faire l’effort de prendre des notes.
«Or, il ne s’agit que de supports de cours». Soukri relève, par ailleurs, l’importance de l’autoformation et du travail personnel de l’étudiant.
Les outils numériques peuvent être un formidable atout, selon Hassan El Mouden. Cependant, il faudrait les utiliser avec «esprit critique et discernement», tout en n’hésitant pas à demander l’aide des enseignants et des anciens étudiants.
Des outils pour comprendre le monde
En effectuant des études en sciences, les étudiants acquièrent des qualités certaines. Ils se voient ainsi dotés d’une «solide culture scientifique, indispensable pour comprendre le monde d’aujourd’hui», selon le doyen de la faculté des sciences Semlalia de Marrakech, Hassan El Mouden. Au cours de leur cursus, les étudiants apprennent aussi la rigueur, la pensée critique, l’autonomie et la capacité d’adaptation.
Pour Abdelaziz Soukri, doyen de la faculté des sciences d’Aïn Chock, ce parcours procure également aux jeunes une ouverture d’esprit, ainsi que de précieuses capacités de raisonnement. Une qualité dont ils sont quasiment dépourvus à leur arrivée à la fac, étant formatés à apprendre par cœur.
Les modules en soft skills, digital skills et entrepreneuriat leur ouvrent, par ailleurs, de nouveaux horizons.
La formation en sciences dures offre, en outre, une opportunité de passerelles vers les grandes écoles d’ingénieurs et la pharmacie après un bac+2.
Comment bien travailler
■ Un apprentissage régulier et progressif: En laissant s’accumuler les lacunes, il devient difficile d’avancer.
■ Résolution des problèmes: Elle est au cœur de la formation scientifique. Il s’agit d’identifier une question, analyser des données, proposer et tester des solutions.
■ Autoformation: l’enseignant n’est pas l’unique source du savoir.
■ Tutorat: Profiter du système de tutorat mis en place en première année.
■ Créer un groupe d’étude: Travailler avec d’autres étudiants peut enrichir la compréhension des sujets, et permet de partager des ressources et de s’entraider lors de révisions.
■ Numérique: Utiliser les nombreuses ressources en ligne et les outils numériques.
■ Gérer son temps efficacement: en créant un planning d’études.
■ Rester curieux et ouvert aux nouvelles expériences: Chaque moment passé à la fac peut contribuer à votre épanouissement personnel et académique.
Entrepreneuriat scientifique
C’est l’une des nouvelles voies prometteuses pour les lauréats des facultés des sciences: L’entrepreneuriat scientifique. Les jeunes diplômés pourraient ainsi créer des startups dans des domaines innovants, comme l’IA, les biotechnologies, l’environnement et les énergies vertes, selon Hassan El Mouden. L’eau est également un secteur porteur, surtout avec le développement des stations de dessalement, des barrages et unités de traitement des eaux usées. «La stratégie Maroc Digital ouvre des perspectives nouvelles pour nos lauréats, en leur offrant des opportunités dans les métiers liés aux technologies émergentes et à l’économie numérique», conclut le doyen.
Ahlam Nazih
■ Un apprentissage régulier et progressif: En laissant s’accumuler les lacunes, il devient difficile d’avancer.
C’est l’une des nouvelles voies prometteuses pour les lauréats des facultés des sciences: L’entrepreneuriat scientifique. Les jeunes diplômés pourraient ainsi créer des startups dans des domaines innovants, comme l’IA, les biotechnologies, l’environnement et les énergies vertes, selon Hassan El Mouden. L’eau est également un secteur porteur, surtout avec le développement des stations de dessalement, des barrages et unités de traitement des eaux usées. «La stratégie Maroc Digital ouvre des perspectives nouvelles pour nos lauréats, en leur offrant des opportunités dans les métiers liés aux technologies émergentes et à l’économie numérique», conclut le doyen.



