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Frais d’études à l’étranger: Tout ce qu’il faut savoir pour le transfert d’argent

  • Pourquoi il faut absolument passer par un dossier de scolarité chez une banque
  • Se contenter d’une carte bancaire marocaine: Risque de blocage!

Les jeunes Marocains sont nombreux à rêver de faire leurs études supérieures à l’étranger. Selon la dernière enquête L’Economiste-Sunergia sur les jeunes, publiée le 13 février dernier, 7 sondés sur 10 partiraient à l’international pour étudier s’ils en avaient le choix.

Sauf qu’il s’agit d’un projet coûteux, nécessitant un investissement conséquent pour les parents. Et si par chance le financement est mobilisé, mieux vaut s’assurer que les transferts se fassent dans les règles de l’art pour éviter toute situation de blocage.

L’erreur de certains parents

Certains parents choisissent de se contenter de munir leurs enfants d’une carte bancaire avec une dotation en devises. «Ce cas de figure est courant chez les parents envoyant leurs enfants en Russie, Chine, Turquie ou encore en Corée, parce qu’ils considèrent que le coût de la vie de ces pays est moins cher qu’en Europe», nous confie un expert bancaire. En passant par cette option, ils ignorent qu’ils exposent leur progéniture à un risque non négligeable. «Si la carte bancaire est capturée par un guichet automatique ou volée, l’étudiant n’a aucun recours», prévient l’expert. En effet, n’étant pas client de la banque dont le guichet a capturé la carte, l’étudiant ne peut pas la récupérer, elle est tout simplement renvoyée au Maroc, chez la banque marocaine. En cas de vol aussi, il se retrouve sans solution de rechange.
Il est ainsi conseillé de passer par l’ouverture d’un dossier de scolarité chez une banque. Il n’est possible de l’ouvrir que chez une seule institution. Pour changer de banque, il est impératif de demander une attestation de clôture du dossier. Peu de documents sont requis, notamment une copie du passeport, une copie de la CIN et une attestation d’inscription ou bien une facture proforma.
Pour le transfert du loyer, la banque marocaine exige une copie du contrat de bail signé par les deux parties. Le virement peut être envoyé directement au bailleur ou sur le compte de l’étudiant.

Se déplacer à l’étranger pour ouvrir un compte

Il faut aussi ouvrir un compte chez une banque dans le pays concerné. Le seul hic, c’est que pour les étudiants encore mineurs, l’un des parents doit impérativement se déplacer pour l’opération. Avec le développement de la fintech, d’autres solutions sont possibles, mais pas pour tout le monde.
Les parents binationaux, par exemple, peuvent ouvrir un compte dans une banque mobile agréée en Europe (genre Revolut). Ils ont ainsi la possibilité de demander une carte pour leur enfant rattachée à leur compte. Dans ce cas, pas besoin de se déplacer, et les transferts peuvent être effectués vers la plateforme digitale.
En passant par un dossier scolaire, les parents sont gagnants en termes de taux de change et de frais bancaires. Ils profitent aussi des assouplissements de change et ont la garantie que leurs enfants auront toujours une issue de secours sur place.


Net assouplissement de la réglementation

Ces dernières années, la réglementation des changes s’est nettement assouplie. Pour leurs frais de séjour, les étudiants ont désormais droit à un plafond de 15.000 DH par mois, contre 12.000 DH l’an dernier, et seulement 5.000 DH il y a quelques années. «Rares sont les parents qui atteignent 12.000 ou 15.000 DH par mois. La majorité des étudiants vit avec 500 à 600 euros par mois», relève notre expert. Pour les frais de scolarité et le loyer, c’est open, aucune limitation. Par rapport au continent, la réglementation des changes marocaine est l’une des plus souples en la matière, selon l’expert du système bancaire.
En parallèle, l’étudiant garde son droit à la dotation touristique de 100.000 DH par an. Il peut ainsi utiliser sa carte marocaine pour retirer de l’argent ou payer des achats à l’étranger.


■ Des transferts plus rapides
Avec l’option des virements express, pas de problème de délai. L’opération ne prend généralement que quelques minutes. Sauf que ce genre de transfert coûte plus cher qu’un virement normal.
Les banques ayant supprimé les dates de valeur (c’est le cas du CIH) peuvent proposer ce même service express sans surcoût.

■ Ne retardez pas le loyer!
Certains parents font l’erreur de retarder l’argent du loyer ou des frais de scolarité. Or, dans certains pays, pour les retards, tolérance zéro. L’étudiant peut se faire éjecter de son logement en 24 heures, selon certains témoignages. Les écoles aussi peuvent rapidement bloquer l’accès aux étudiants n’ayant pas réglé leurs frais.

■ Dotation de secours
Pour les Marocains, étudiants ou autres, ayant épuisé leur plafond en devises et sont restés bloqués à l’étranger, l’Office des changes prévoit une dotation de secours à hauteur de 10.000 DH par an. Les étudiants ne disposant pas d’un compte bancaire peuvent recevoir ce montant via un opérateur de transferts de fonds à l’international, comme Western Union.

■ En cas de prolongement du séjour
Après la fin de leurs études, les étudiants peuvent prolonger leur séjour dans leur pays d’accueil pour chercher un emploi. Dans ce cas, l’Office des changes leur offre la possibilité de garder le plafond des 15.000 DH de frais de séjour mensuels pendant une année, et de régler leur loyer sans contrainte de plafond sur la même durée.


Visa étudiant: Attention au blocage de fonds

Pour un visa étudiant, il est souvent exigé de prouver la disponibilité des ressources permettant de subsister à l’étranger. Il est ainsi demandé aux parents de bloquer un fonds minimum couvrant les frais de séjour pendant une année. Ce fonds varie selon les pays.
Pour l’Europe, il tourne autour de 90.000 DH. L’attestation de blocage de fonds délivrée par la banque doit être insérée au dossier du visa. «La majorité des parents s’endettent pour cette opération. Une fois le visa en poche, ils reviennent pour débloquer l’argent. Or, cela est impossible. Comme la banque s’est engagée vis-à-vis des autorités consulaires, elle est obligée de maintenir le blocage sur une année», souligne l’expert bancaire. «Et désormais, aucune banque ne déroge à cette règle qui est de mise depuis une dizaine d’années», poursuit-il.
Le blocage peut être levé si les parents ramènent des preuves justifiant d’une bourse d’études ou d’un contrat d’alternance. «L’Allemagne est allée encore plus loin, en exigeant que l’argent soit transféré à un compte bancaire ouvert au nom de l’étudiant sur son territoire. Ceci par l’intervention du consulat d’Allemagne et du service d’immigration. Une fois l’étudiant est sur place, il peut utiliser son compte pour subvenir à ses besoins», partage l’expert.

Ahlam NAZIH

 

 

 

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