Je démarre en business school: Adoptez un mindset proactif
- Anticiper, se montrer proactif, éviter l’isolement… Les conseils à suivre
- Travail en équipe, planning hebdomadaire, matrice d’Eisenhower… Les méthodes à employer
Réussir sa première année en école de commerce implique l’adoption de réflexes essentiels et d’un nouveau mindset pour les bacheliers fraîchement diplômés. Une transition qui requiert une subtile combinaison d’organisation, d’investissement personnel et d’équilibre, ainsi qu’un profond détachement des méthodes scolaires traditionnellement appliquées au lycée.
Toujours avoir une longueur d’avance
Afin de maximiser leurs chances de succès, les étudiants en début de parcours doivent apprendre à anticiper et à s’organiser avec une longueur d’avance. «L’étudiant qui démarre en Business School doit planifier son travail et éviter toute forme de procrastination», nous confie dans ce sens le président du groupe HEEC Marrakech Moulay Ahmed Lamrani.
Une démarche qui consiste à instaurer une discipline de travail régulière dès le premier jour et à se montrer entièrement autonome.
«L’étudiant doit prendre l’initiative de lire au préalable le syllabus, d’anticiper les chapitres et de compléter les cours par des ressources additionnelles s’il souhaite s’adapter», complète l’enseignant-chercheur à ESCA Ecole de management Ahmed Iraqi. Le vice-doyen aux affaires académiques à Rabat Business School Ahmed Ennasri, quant à lui, insiste sur l’assiduité, la régularité et le sérieux. Pour lui, il s’agit de véritables clés de la réussite. «Remettre le travail à plus tard ou négliger les matières fondamentales, c’est se priver d’un socle solide pour la suite», prévient-il.
Autre conseil à suivre, celui de ne pas demeurer «passif» en cours et de se montrer, à l’inverse, proactif. «Il est primordial pour les nouveaux venus de développer une participation active aux échanges, et de ne pas hésiter à partager leurs idées avec les enseignants comme avec les autres étudiants», souligne Lamrani. «Même si cela peut sembler intimidant aux premiers abords, poser des questions démontre une curiosité capitale toujours appréciée des enseignants et susceptible de faire la différence au cours du cursus», ajoute à ce propos Iraqi.

Participer de manière proactive
Une proactivité à cultiver qui passe également par la volonté d’élargir sa vision au-delà des cours. «Lire des articles économiques, prendre connaissance de business cases ou encore suivre l’actualité permet d’enrichir sensiblement sa culture générale et de développer son esprit critique, ce qui constitue un plus non négligeable», tient à souligner l’enseignante-chercheuse à ESCA Ecole de management Oumaima Quiddi.
Le bachelier fraîchement débarqué doit aussi éviter à tout prix l’isolement et privilégier le travail en équipe en prenant soin de s’impliquer pleinement dans la vie estudiantine.
Selon Hicham Sebti, directeur adjoint de l’Essec Business School campus Africa à Rabat, beaucoup d’étudiants sont persuadés qu’ils peuvent appliquer les méthodes du lycée.
Eviter l’isolement et privilégier le travail en équipe
Or, en business school, les cours demandent une forte implication personnelle mais aussi collective. «L’erreur serait de négliger le travail en équipe et de sous-estimer l’importance des projets associatifs», relève-t-il. «Certains étudiants restent seuls face à leurs difficultés, par peur d’échouer. Afin de les accompagner, nous les sensibilisons à recourir à notre cellule d’écoute, utile pour exprimer leurs doutes et déterminer des solutions, mais aussi à nos séances de coaching individuel, lesquelles permettent de débloquer des situations personnelles ou académiques», souligne de son côté l’enseignante-chercheuse et responsable du centre d’accompagnement des étudiants (CAE) à ESCA Ecole de management Leila Naïm.
Apprendre à résister à la pression extérieure, notamment familiale, tout en écoutant ses propres aspirations, s’avère également essentiel pour carburer. Pour accompagner ses étudiants, l’ESCA a intégré un dispositif de coaching parental consistant à aider les familles à «adopter une posture de soutien» et à permettre ainsi aux étudiants de «tracer leur propre voie».

Résister à la pression extérieure en écoutant ses propres aspirations
La méthodologie adoptée fait également la différence. Les experts conseillent ainsi de privilégier le travail en équipe et de faire intervenir autant que possible le corps professoral. «Le travail en équipe est précieux car il apporte des perspectives différentes. Il ne faut par ailleurs pas hésiter à s’entretenir avec les professeurs», confie Ennasri. RBS organise dans ce sens des «office hours» pour répondre aux questions des étudiants et les accompagner tout au long de leur parcours.
Les étudiants outillés et encadrés par les écoles
Les établissements outillent et encadrent aussi étroitement leurs étudiants pour faciliter autant que possible leur transition du secondaire au supérieur. L’ESCA adopte par exemple une méthodologie reposant sur trois étapes clés: planifier, s’engager et s’ajuster. «Dès la rentrée, nous proposons des ateliers pratiques de gestion du temps et de priorisation afin d’aider les étudiants à organiser leur travail. Des outils comme le planning hebdomadaire ou la matrice d’Eisenhower qu’ils peuvent immédiatement appliquer au quotidien», tient à souligner Leila Naïm.
Par la suite, ces mêmes étudiants ont la possibilité de suivre des ateliers de développement personnel et de coaching collectif, centrés sur la prise de parole en public ou encore l’intelligence émotionnelle, afin de gagner en efficacité et de devenir acteurs de leur apprentissage.
Finance, marketing et communication digitale… Les filières prisées!
En école de business school, les spécialités les plus prisées par les étudiants sont avant tout la finance, l’audit, le marketing et la communication digitale. L’engouement pour le marketing digital reflète la transformation numérique des métiers, tandis que l’attrait pour la finance et l’audit témoigne de l’importance que relèvent les fonctions de gestion financière et de pilotage au sein des entreprises actuelles. «Ces spécialisations reflètent l’attractivité des carrières en lien avec la mondialisation et l’innovation», confie le directeur adjoint de l’Essec Business School campus Africa à Rabat Hicham Sebti. L’on constate également un intérêt croissant pour le commerce international. L’ESCA propose dans ce sens «International Business Administration Program». Un cursus sur trois années intégralement dispensé en anglais, qui attire les étudiants visant une carrière internationale et multiculturelle.
De futurs acteurs du changement
Les formations en business school offrent un environnement stimulant, en prise directe avec les entreprises et les enjeux économiques puis sociétaux. RBS, par exemple, via son Career Center, accompagne chaque étudiant dans sa recherche de stages et d’opportunités professionnelles. «Leur parcours est enrichi par des projets concrets, des expériences internationales et par l’accès à un réseau puissant constituant un véritable tremplin pour leur insertion sur le marché du travail», souligne à ce sujet le vice-doyen aux affaires académiques à Rabat Business School Ahmed Ennasri.
L’ESCA, pour sa part, privilégie dans son cursus les études de cas réels, les stages et les mises en situation. Une immersion en entreprise qui prépare des managers et des leaders capables de conduire le changement et l’innovation, selon l’enseignante-chercheuse au sein de l’école Leila Naïm.
Karim AGOUMI




