Formation continue/Reprendre les études: Comment rendre le défi stimulant

- Identifier son «pourquoi»… pour réussir le retour sur les bancs de l’école
- Reconversion, accès à de nouvelles responsabilités… Les enjeux derrière la démarche
De plus en plus de professionnels choisissent de réintégrer les bancs de l’école pour évoluer, se reconvertir ou, simplement, réattribuer du sens à leur parcours. Mais une reprise d’études n’est jamais anodine et peut rapidement devenir un véritable défi, nécessitant de concilier à la fois vie familiale, emploi salarié et préparation du diplôme. Une démarche réfléchie qui s’anticipe et requière une bonne dose de motivation ainsi qu’une réelle implication.

Choisir une formation
qui apporte une valeur ajoutée au parcours
Avant même de s’engager dans une formation continue, il faut tout d’abord identifier et clarifier son objectif professionnel. «La première condition à remplir pour réussir une reprise d’études est qu’elle repose sur un choix mûrement réfléchi et sur un objectif clair. L’expérience professionnelle acquise doit permettre de mieux identifier ce que l’on veut réellement, ce que l’on aime, ses forces, ses centres d’intérêt ainsi que les compétences que l’on souhaite développer», confie Houda Mouhandiz, fondatrice du cabinet d’orientation Orientus et coach en orientation de carrière. 
Une fois cet objectif défini, il demeure essentiel de choisir une formation qui apporte une véritable valeur ajoutée au parcours du salarié, tout en restant compatible avec ses contraintes professionnelles puis personnelles. «Dans le contexte marocain, cela implique de tenir compte des horaires de cours, des déplacements, du coût global et de la langue d’enseignement.
Le bon programme est celui qui répond à ses ambitions, mais aussi celui que l’on peut suivre jusqu’au bout dans de bonnes conditions», souligne à ce propos Tariq Obaide, président fondateur de British Education Group Maroc.

«Reprendre ses études après plusieurs années de travail, c’est construire sur une expérience qui a de la valeur. Une formation réussie apporte des compétences que l’on peut mettre en pratique et ouvre des perspectives réalistes d’évolution. Le diplôme est important, mais sa véritable valeur se mesure à ce que son titulaire est capable d’accomplir» (Ph. T.O.)
Solliciter l’accompagnement d’un professionnel de l’orientation ou de la gestion de carrière peut dans ce sens être judicieux lorsque le salarié hésite sur la formation à choisir ou sur la pertinence de son projet. «Cela permet de mieux analyser son profil, ses aspirations et ses objectifs, puis d’éviter d’investir du temps, de l’énergie et de l’argent dans une voie qui ne serait finalement pas la bonne», précise Mouhandiz.
Solliciter l’accompagnement d’un expert pour choisir la formation adaptée
Il faut également accepter, selon l’expert, de recouvrer certaines habitudes d’étudiant, parmi lesquelles travailler à un rythme régulier, s’organiser et consacrer du temps à l’apprentissage. «Reprendre des études demande souvent de revoir son emploi du temps, ses priorités et, parfois même, certaines habitudes de vie. Mieux la personne anticipe ces contraintes avant de débuter, plus elle augmente ses chances d’aller jusqu’au bout dans les meilleurs conditions», commente à ce sujet la fondatrice d’Orientus. Pour Mohammed Zaoudi, directeur de l’IGA, l’apprenant doit être capable de combiner ses exigences professionnelles avec ses études. «Je recommande souvent de discuter avec son employeur la possibilité d’un réaménagement des horaires et, surtout, d’un financement adapté», conseille-t-il.
Mais les professionnels disposent d’un avantage considérable: leur expérience. «Elle leur permet de donner un sens concret aux enseignements et de les appliquer immédiatement dans leur environnement de travail», explique Obaide.
Ne jamais dire jamais!
La romancière britannique George Eliot disait: «Il n’est jamais trop tard pour devenir ce qu’on aurait pu être». En effet, une carrière n’est pas nécessairement un parcours linéaire.
Il est possible d’évoluer, de changer de secteur, de reprendre des études ou d’acquérir une nouvelle spécialisation à différentes étapes de sa vie professionnelle, à condition de ne pas considérer l’âge ou l’expérience comme des freins à l’apprentissage. «Se réinventer en cours de carrière n’est plus une exception, c’est de plus en plus une nécessité. Les parcours professionnels sont aujourd’hui plus longs, les métiers se transforment plus vite et les tâches changent avant même que les métiers ne disparaissent», souligne à ce sujet a directrice générale de l’Université internationale HEM et vice-présidente de LCI Education en Afrique Bouchra By. «Dans ce contexte, il n’y a pas d’âge pour apprendre, se spécialiser ou changer de trajectoire. Autrement dit, il n’est jamais trop tard pour commencer, à condition de se donner pleinement les moyens de réussir», tient-elle à préciser. «Ce qui est certain, c’est qu’il ne faut jamais cesser de rêver, il faut maintenir sa persévérance jusqu’au bout, bien étudier la faisabilité de la chose et faire le premier pas qui est souvent le plus difficile», conclut le directeur de l’IGA Mohammed Zaoudi.
Le soutien de l’entourage, des pairs et des mentors à ne pas négliger!
Autre conseil à suivre, savoir bien s’entourer. Une reprise d’études requière en effet un nouvel équilibre, dont les fondations sont la motivation individuelle mais, aussi et surtout, l’entourage familial puis professionnel. «Lorsqu’il sait soutenir, encourager et surtout maîtriser ses propres peurs, l’entourage peut devenir un véritable moteur à ne pas négliger. Toute personne qui traverse une phase de transition a besoin de sentir qu’elle est soutenue et que l’on croit en sa capacité à réussir», souligne Mouhandiz. «Le soutien de la famille et, lorsque cela est possible, de l’employeur, peut faciliter la gestion du temps et des responsabilités. Il est utile d’en parler en amont pour convenir d’une organisation réaliste, notamment durant les périodes d’examens ou de travaux à rendre», complète le fondateur de British Education Group Maroc, Tariq Obaide.
Mais il y a également un autre entourage à ne pas négliger: celui que l’on construit pendant ses années d’études. Composé d’enseignants et d’autres professionnels de la promotion, il constitue un réseau s’échange d’expériences, de connaissances et, parfois même, d’opportunités. «Echanger avec des personnes qui ont déjà parcouru le chemin, partager ses difficultés avec d’autres apprenants, avoir quelqu’un qui challenge ou encourage au bon moment, c’est souvent ce qui permet de tenir lorsque l’enthousiasme initial retombe», conclut la directrice générale de l’Université internationale HEM et vice-présidente de LCI Education en Afrique Bouchra By.
Karim AGOUMI




