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Choisir son école d’ingénieur: Pédagogie et insertion professionnelle font la différence

  • Reconnaissance, corps professoral, infrastructures… Les critères à vérifier
  • Une cohérence pédagogique qui doit être connectée aux besoins du secteur
  • Hackathons, forums de recrutement… La qualité de l’accompagnement vers l’emploi à observer également

Une fois le baccalauréat en poche, bon nombre de bacheliers scientifiques optent pour une école d’ingénieur. Une démarche qui ne revient pas seulement à choisir un diplôme, mais un écosystème qui structurera leur manière de penser et leur capacité à agir, puis à contribuer aux grands défis du pays, au premier rang desquels la compétitivité et la souveraineté industrielle. Afin de pouvoir distinguer une école performante d’une autre qui l’est moins, un certain nombre de critères permettent d’identifier une institution à la fois fiable, reconnue puis tournée vers l’avenir.

l Reconnaissance et accréditations
Il est avant tout conseillé de vérifier la reconnaissance officielle ainsi que l’accréditation. «La reconnaissance par l’Etat permet à l’école de figurer parmi l’élite des écoles d’ingénieurs marocaines, et d’élargir significativement les perspectives d’embauche des étudiants», confie sur ce point le directeur de l’IGA Mohammed Zaoudi. «Un point sur lequel il faut se montrer exigeant. Afin d’éviter tout amalgame, il convient de consulter directement le site officiel du ministère de tutelle», ajoute le responsable. Une école de qualité se distingue par ailleurs par des labellisations qualité lisibles à l’international, comme EUR-ACE qui octroie une visibilité plus large au diplôme.

l Une équipe pédagogique exigeante
Autre critère à prendre en compte, la présence d’un corps professoral et académique exigeant, riche et diversifié. «La qualité d’une école d’ingénieur se mesure par un corps enseignant solide composé à la fois d’enseignants-chercheurs et d’experts industriels. Ce sont ces derniers qui permettent aux étudiants d’être connectés aux réalités techniques du domaine», souligne le directeur des études et membre du Directoire de l’ESITH Casablanca Abdelsamad Chouar. «L’excellence académique et en recherche permet avant tout et surtout de former aux technologies d’avenir», complète le directeur d’Arts et Métiers campus de Rabat Mehdi Sebti.

Pour bien choisir son école d’ingénieur, le bachelier doit vérifier sa capacité à maintenir un lien vivant avec l’entreprise via des conférences industrielles ou encore des visites de sites. Un lien déterminant pour former des profils immédiatement opérationnels et alignés avec les besoins de l’économie (Ph: Arts et Métiers campus de Rabat)

l Immersion en entreprise
L’étudiant doit également s’assurer de la connexion de l’école avec le monde professionnel et l’industriel. La place accordée aux stages, aux périodes d’immersion en entreprise et à la résolution de problématiques industrielles réelles représente dans ce sens un marqueur décisif. «Il faut se montrer vigilant en ce qui concerne les stages et l’ouverture sur le monde professionnel de l’école. Un ingénieur apprend en pratiquant; une école sans liens étroits avec les entreprises affaiblit la formation», tient à préciser Chouar. «Une grande école d’ingénieur se distingue surtout par sa capacité à maintenir un lien vivant avec les entreprises, à travers des conférences industrielles, des visites de sites, des projets basés sur des cas réels ou des stages structurants. Ce lien est déterminant pour former des profils immédiatement opérationnels et alignés sur les besoins de l’économie», complète Sebti.
Selon l’expert, un cursus d’ingénieur solide doit être rythmé par plusieurs expériences en entreprise, allant du simple stage exécutant au stage de fins d’études.

l Un environnement d’études complet
Une bonne école doit aussi offrir à ses étudiants des laboratoires, des ateliers et des incubateurs afin qu’ils pratiquent réellement. «Il faut se méfier des structures qui n’incluent pas un environnement d’études complet. Une formation d’ingénieur, ce n’est pas juste une question de cours. C’est aussi des laboratoires, des ateliers, des plateformes ou encore, un centre de documentation. Un ingénieur apprend en pratiquant», tient à souligner Chouar. Outre les infrastructures, l’environnement du campus, qui favorise l’épanouissement et l’engagement, compte tout autant. «A Rabat, Arts et Métiers dispose d’un bâtiment dédié à l’enseignement, la recherche et l’innovation, et les étudiants bénéficient d’infrastructures sportives et de vie du campus d’accueil au sein de l’écosystème de classe mondiale de l’UM6P», son directeur.

l Cohérence du parcours
La cohérence pédagogique doit également être examinée avec le plus grand soin. «Une école qui travaille en approche par compétences (APC), en lien avec les besoins du secteur, aboutit généralement une formation plus professionnalisante», nous éclaire Chouar. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’observer la liste des matières, mais de vérifier quelles compétences concrètes sont réellement développées tout au long du cursus. «Une logique présente à l’ESITH depuis longtemps, avec un déploiement assumé de l’APC et une ingénierie de programme rigoureusement construite autour des compétences», explique le directeur des études de l’école.

l Une place sur le marché du travail
Enfin, le bachelier doit vérifier la qualité de l’accompagnement vers l’emploi. «Une école performante prépare aussi l’insertion à travers son réseau, des entretiens, des forums ou encore des rencontres RH, car le diplôme seul ne suffit plus. A Arts et Métiers campus de Rabat, cet accompagnement s’appuie sur un dispositif structuré reposant sur une équipe de professionnels interne dédiée et réservant des temps forts à l’employabilité», confie Sebti. «La présence d’un Career Center comme il en existe à l’ESITH, les forums de recrutement, les compétitions sous forme de hackathon et les conférences en lien avec l’industrie constituent un tremplin indéniable vers l’employabilité», conclut Abdelsamad Chouar.

Points de vigilance

l Se méfier des promesses marketing agressives et invérifiables
l Scruter les infrastructures réelles
l Examiner l’accompagnement vers l’emploi
l Observer la force des partenariats entreprises.

Ingénieur augmenté

Le développement fulgurant de l’intelligence artificielle ces dernières années influence directement la formation des ingénieurs. «L’IA ne remplace pas l’ingénieur. Elle décuple ses capacités en automatisant une partie des tâches répétitives – le calcul et l’aide à la conception- et en libérant du temps pour ce qui fait sa valeur: la compréhension systémique, l’arbitrage, la sécurité ou encore la stratégie», confie le directeur d’Arts et Métiers campus de Rabat Mehdi Sebti. Les futurs ingénieurs devront se montrer à la fois bons techniquement parlant, innovants et prêts à travailler avec des systèmes intelligents. «Raisons pour lesquelles les écoles doivent impérativement faire évoluer leurs formations en intégrant des cours liés à l’IA tels que le Machine Learning ou encore les sciences des données», complète le directeur de l’IGA Mohammed Zaoudi. Au final, l’IA change la formation car elle «oblige à enseigner moins le comment (souvent assisté par outils) et davantage le pourquoi», selon Sebti. Les recommandations internationales soulignent sur ce point la nécessité d’un usage encadré, pouvant se traduire par la protection des données, une approche centrée sur l’humain ainsi que des pratiques pédagogiques adaptées.

Une formation guidée par la passion

Choisir une bonne école d’ingénieur n’est pas uniquement une affaire de prestige et de classement. La passion et la motivation représentent également un prérequis important pour conforter son choix : le chaînon manquant entre la compétence et l’excellence. «Un étudiant passionné par la technologie, le faire, l’innovation, ne subit pas son cursus: il l’habite. Et cette posture fait souvent la différence entre exécuter et inventer», explique le directeur d’Arts et Métiers campus de Rabat Mehdi Sebti. «La passion joue en réalité un rôle très concret : elle nourrit l’envie d’aller au bout d’un projet, de tester, d’itérer, de comprendre pourquoi ca marche – une dynamique parfaitement en cohérence avec les pédagogies orientées projets et immersion terrain», complète le responsable. Pour Abdelsamad Chouar, membre du directoire de l’ESITH Casablanca, si la spécialisation est choisie «pour l’image», la motivation peut disparaître progressivement dès la première année, ou même un peu plus tard.

Karim AGOUMI

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