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Classes prépas: Toujours un passeport pour l’excellence?

  • Une voie d’accès obligatoire aux concours des grandes écoles
  • Formation intensive sur deux ans pour les meilleurs bacheliers

Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) représentent depuis des décennies la voie royale vers l’excellence. Maintiennent-elles toujours ce positionnement?

«En 1985, les autorités éducatives ont tracé une stratégie de formation de cadres de haut niveau pour alimenter les structures économiques et administrative du pays. Pour réussir cet objectif stratégique, le ministère de l’Education nationale a créé les CPGE pour moderniser l’enseignement supérieur, et permettre aux jeunes de candidater aux concours des grandes écoles d’ingénieurs et de commerce françaises», explique d’abord Moulay Ahmed Lamrani, vice-président général de la Fédération de l’Enseignement privé, (CGEM), également président de HEEC Marrakech. Et d’ajouter: «Si l’objectif principal de ces CPGE est stratégique pour l’Etat, elles représentent une possibilité de recherche de l’excellence pour ceux qui suivent ce type d’enseignement, d’où le rôle stratégique qu’elles jouent».
Les classes prépas demeurent ainsi attractives. En témoigne l’évolution significative du nombre des bacheliers ayant déposés leurs candidatures pour accéder à ces établissements.

Forte attractivité

«Les classes préparatoires continuent d’exercer une forte attractivité auprès des meilleurs bacheliers. Le nombre de candidats a connu une progression notable au cours de la dernière décennie: il est passé de 49.679 candidats en 2015 à 58.079 en 2023, soit une augmentation d’environ 17%», souligne Hind Moutawakkil, DG de SUP’RH, également présidente de la Conférence des grandes écoles.
Si les CPGE continuent de séduire les étudiants, elles demeurent toutefois élitistes. «La majorité des étudiants admis en CPGE sont titulaires d’une mention Bien ou Très Bien au baccalauréat, confirmant le caractère sélectif de ces formations», explique la DG de SUP’RH.
En 2023-2024, seuls 12.539 étudiants ont pu accéder aux classes prépas, dont 8.892 dans le public, 3.026 dans le privé et 621 dans les établissements du partenariat public-privé, selon les chiffres du ministère de l’Education nationale. En 2024-2025, ce chiffre global a connu une hausse pour atteindre 12.985 étudiants inscrits (+3,56%).
L’offre globale des CPGE (public et privé) a dû suivre la tendance haussière de la demande. Le réseau public des CPGE a compté 290 en 2024-2025, contre 238 en 2023-2024. Dans le privé, le nombre des classes prépas est passé de 380 à 396. A cela s’ajoutent 34 CPGE des établissements en partenariat public-privé (PP).

Des compétences fondamentales pour exceller

«Dans l’écosystème global de l’enseignement supérieur marocain, qui accueille aujourd’hui plus d’un million d’étudiants, les CPGE représentent certes un segment numériquement limité, mais stratégiquement essentiel pour la formation des talents scientifiques, technologiques et managériaux du pays», indique Hind Moutawakkil.
Un avis partagé par Hassan Sayarh, expert en enseignement supérieur, consultant-formateur. «Les classes préparatoires aux Grandes Écoles sont toujours considérées comme une filière d’excellence au Maroc. Elles préparent les étudiants aux concours des grandes écoles d’ingénieurs et de commerce, tant au Maroc qu’en France. Les CPGE attirent les meilleurs profils et offrent une formation intensive sur deux ans, basée sur un socle conceptuel très fort, une méthodologie de raisonnement très bien structurée et une capacité de travail très importante», explique cet expert. Cette voie, précise-t-il, permet d’acquérir des compétences transversales fondamentales pour accéder à l’excellence, comme l’esprit critique et d’analyse, l’autonomie et l’adaptabilité.


D’autres voies émergent

Chaque année, plus de 1.000 étudiants marocains intègrent des écoles d’ingénieurs ou de commerce en France ou au Maroc grâce au parcours CPGE. Maintenant, est-ce la seule voie pour l’excellence?
«Depuis quelques années d’autres voies ont émergé. Des établissements privés qui recrutent directement après le bac ont confirmé leur capacité à ouvrir la voie vers l’excellence», indique Hassan Sayarh. Selon ce consultant, des universités publiques et privées proposent des licences et masters de très bon niveau, qui permettent à leurs titulaires d’avoir des carrières très valorisantes. Pour Hind Moutawakkil, dans un système d’enseignement supérieur en transformation, l’excellence ne peut plus être envisagée comme un chemin unique. «Aujourd’hui, plusieurs voies peuvent conduire à l’excellence académique: certaines filières universitaires sélectives, des cycles préparatoires intégrés dans des écoles reconnues par l’État, ou encore, des programmes internationaux très exigeants», ajoute-t-elle.
Même son de cloche du côté de Moulay Ahmed Lamrani. «Si les CPGE restent un pilier d’une formation d’excellence au Maroc, il n’en demeure pas moins que leur notoriété est concurrencée par les structures avec un nouveau modèle de formation, telles que les universités en partenariat public-privé et des écoles supérieures avec des classes préparatoires intégrées qui attirent de plus en plus les jeunes», souligne-t-il.
Khadija SKALLI

 

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