Formation continue: Un marché en croissance dicté par le «Life Long Learning»
- Diversification des diplômes, établissements plus nombreux… La formation continue prend son envol
- Nouvelles technologies, méthodes actives, pédagogies innovantes… les nouvelles attentes des professionnels
Impactée par l’essor du e-learning et par un besoin toujours plus grandissant en compétences numériques, la formation continue connaît des avancées significatives ces dernières années au Maroc. Un format occupant aujourd’hui une place essentielle dans le parcours professionnel des actifs et dans la stratégie croissance des entreprises. Une panoplie de diplômes est désormais proposée à l’échelle nationale, témoignant d’une offre à la fois croissante et diversifiée.
«La demande a enregistré une croissance notable ces dernières années tant en volume qu’en nature, portée par les évolutions économiques, technologiques et sociales que traverse le pays», souligne à ce propos Yasmina Zitan, directrice ESCA Executive Education à ESCA Ecole de Management.
«Toutes les catégories d’institutions se sont lancées sur cette voie, parmi lesquelles des écoles d’ingénieurs, des écoles de commerce publiques, des universités ou encore des écoles supérieures privées. Le professionnel qui souhaite reprendre ses études opère son choix en fonction de la légitimité de l’école, du diplôme et de ses apprentissages acquis», complète la responsable du Pôle Executive Education de l’Esith Casablanca Asmaâ Moussaid.
Un mindset et des enjeux qui ont profondément évolué
Un format dont la perception a également sensiblement changé, aussi bien du côté des entreprises que des professionnels demandeurs. «La formation continue n’est plus perçue comme une simple reprise d’études, mais comme un véritable levier de développement stratégique et de performance durable», tient à souligner Tarik Zouadi, directeur de la formation continue et des relations entreprises à RBS.
Elle s’inscrit désormais dans une logique d’apprentissage tout au long de la vie, ou Life Long Learning, «indispensable pour rester compétitif et agile face à la mutation rapide des métiers sous l’ère du digital et de l’intelligence artificielle», renchérit Zitan. Selon elle, la question qui se pose aujourd’hui n’est plus «faut-il se former?» mais «Comment se réinventer en permanence?».
Les attentes des professionnels ont également évolué de manière significative. Ils privilégient aujourd’hui des programmes adaptés aux besoins réels du marché, qui sont à la fois concrets, orientés résultats et intégrant des approches pédagogiques innovantes. «Les participants recherchent des dispositifs pédagogiques innovants, des intervenants démontrant une expérience de terrain conséquente, des méthodes actives telles que des simulations et des études de cas ou de nouvelles technologies d’apprentissage comme le digital learning et l’hybride», confie Zouadi. Une évolution qui témoigne d’après l’expert d’une maturité croissante du marché marocain, désormais aligné sur les standards internationaux et largement professionnalisé. Les participants sont devenus plus «exigeants, attentifs à la qualité des contenus, à la crédibilité académique des institutions et à la valeur ajoutée réelle des programmes», ajoute-t-il.
Profil hétérogène
La cible de ce type de formations est particulièrement hétérogène, comptant majoritairement des bac+2 et des bac+3 dont l’expérience varie de 4 à 30 ans et plus. Un profil composé de jeunes managers, de cadres intermédiaires, de cadres supérieurs et de professionnels en reconversion ou souhaitant évoluer dans leur carrière. Mais pas seulement. «Une tendance s’est profilée ces dernières années chez les jeunes salariés qui, après deux ou trois ans en entreprise, souhaitent rapidement décrocher un bac+5 afin de pouvoir rivaliser avec les cadres et les ingénieurs plus expérimentés de leur structure», nous apprend Asmaâ Moussaid, responsable du Pôle Executive Education de l’Esith Casablanca. Une cible qui demeure néanmoins homogène en termes d’objectifs d’apprentissage.
Karim AGOUMI




