Je démarre en sciences économiques: Des maths, de la culture générale et un projet professionnel
- Un parcours «élitiste» étalé sur le moyen et le long terme
- Une différence de taille avec le management
Les sciences de gestion sont les plus jeunes des sciences sociales, comme le rappelle souvent l’expert en management, enseignant-chercheur à l’ENCG de Casablanca, Abdelmajid Ibenrissoul.

Aujourd’hui dans les facultés des sciences juridiques, économiques et sociales, elles prédominent par rapport aux parcours économiques purs et durs. A l’historique faculté de Rabat Agdal, elles pèsent pour 80 à 90% des parcours, selon Elhadj Ezzahid, l’un de ses enseignants-chercheurs. Et justement, d’après Ezzahid, les nouveaux étudiants confondent souvent entre économie et gestion. Or, entre les deux, «il existe une différence de taille», souligne-t-il.
Si les formations en gestion sont plutôt techniques et courtes, celles d’économie demandent des études poussées, allant de 5 à 8 ans (master et doctorat). «Avec un bac+2, vous pouvez devenir un bon comptable, un bon salarié dans une banque ou un bon fonctionnaire. Avec un bac+3, vous pouvez décrocher un poste en fiscalité, comptabilité, ressources humaines, marketing digital… Mais vous ne pouvez pas devenir économiste», soutient-il.

Les sciences économiques nécessitent des compétences plus avancées en mathématiques et statistiques. C’est ce qui fait dire à Elhadj Ezzahid qu’il s’agit d’une spécialité «élitiste», procurant un avantage compétitif considérable à ses étudiants, puisque les économistes, rares sur le marché, sont très recherchés. «Malheureusement, beaucoup d’étudiants butent sur cette maîtrise des mathématiques. D’autres, à la base bacheliers en sciences mathématiques, font l’erreur de ne pas préserver et développer leurs savoirs dans le domaine», relève l’enseignant-chercheur.
Cependant, les maths seules ne suffisent pas. Pour être un bon économiste, il faut aussi se doter d’une grande culture générale (sociologie, politique, géostratégie, épistémologie…), permettant de renforcer sa capacité d’analyse et d’affiner sa compréhension des différentes problématiques.
Profiter des opportunités offertes sur le campus
Elhadj Ezzahid livre sa recette pour percer en sciences économiques. Outre la maîtrise des maths et des statistiques, il est essentiel de tracer très tôt son projet professionnel pour bien choisir ensuite sa voie dans les études. Il est également essentiel de ne pas se limiter à assister aux cours. Il est aussi crucial de profiter des opportunités offertes sur le campus, en assistant à des conférences, en participant à des activités culturelles ou en s’engageant dans des clubs étudiants. «C’est ce qui permet de développer leur personnalité et leurs soft skills. Par ailleurs, ils ne devraient pas hésiter à prendre conseil auprès de leurs enseignants», souligne Ezzahid.
Multiples débouchés
La formation en sciences économiques est à mi chemin entre mathématiques, statistiques et culture générale, ce qui ouvre à ses lauréats de multiples débouchés. Consulting, études de marché, recherche, inspecteur des finances, économiste à la Banque centrale ou dans des institutions internationales… «Les sciences économiques sont au carrefours de plusieurs disciplines. Vu leurs compétences, les étudiants peuvent également s’orienter vers des études dans d’autres domaines, comme les sciences politiques, la géographie urbaine, la sociologie, les data science…», relève Elhadj Ezzahid.
Les étudiants des facs d’économie peuvent, en outre, profiter de passerelles vers de grandes écoles, comme l’ISCAE et les ENCG.
Ne pas s’arrêter à l’amphi
Nul ne devient brillant en faisant les choses à moitié, selon Elhadj Ezzahid. Pour réussir, il faut s’impliquer à 100% dans son parcours. Et c’est pour cela qu’il est important de choisir son cursus en connaissance de cause, et de porter un projet professionnel. Evidemment, il faut essayer de comprendre les cours avec ses profs, cependant, le processus de compréhension ne doit pas s’arrêter à l’amphi. L’étudiant gagnerait à améliorer ses compétences en continu, et surtout à s’approprier les savoirs reçus. Avoir une bonne note c’est bien, mais savoir exploiter concrètement ses connaissances c’est encore mieux.
Ahlam NAZIH






