ActualitésMa 1ère année

Je démarre en médecine: Combiner planification et bien-être

  • Réviser avec assiduité, stimuler sa concentration, pratiquer une activité physique… Les réflexes
  • Courbe de l’oubli, cahier d’erreur, cartes mentales… Les outils stratégiques

Rythme de travail intense, volumes pharaoniques de connaissances à assimiler, pression constante… La première année de médecine est connue pour être une étape charnière et exigeante. Pour s’en sortir avec les honneurs, il est crucial d’aborder cette période avec méthode, rigueur et lucidité. Le prix à payer pour exercer dans un secteur garantissant stabilité de l’emploi et notoriété professionnelle.

Se montrer constant et régulier tout au long du semestre

Afin de mettre toutes les chances de leur côté, les étudiants fraîchement débarqués doivent avant tout s’assurer de réviser avec régularité et persévérance. Une approche qui implique de se fixer des plages horaires entièrement consacrées aux études et de considérer les contrôles continus comme des outils d’évaluation permettant de mesurer leur progression avant les examens finaux. «Etre constant tout au long du semestre permet une meilleure assimilation des notions, et réduit le stress lié aux révisions de dernière minute», confie sur ce point le doyen de la Faculté internationale de médecine de l’UIR Adil Bensouda. Selon Chakib Nejjari, vice-président chargé du pôle santé à l’Université Euromed de Fès, l’erreur la plus fréquemment commise par les étudiants en médecine consiste à sous-estimer la charge de travail. «La médecine est une filière exigeante qui demande beaucoup de discipline et une réelle capacité organisationnelle. Se contenter d’un apprentissage purement mécanique, sans chercher à comprendre en profondeur, est une approche risquée», relève ce dernier.

Démontrer une curiosité intellectuelle pour gagner en temps et en efficacité 

Autre facteur de succès et non des moindres, viser une concentration optimale tout en stimulant sa curiosité. Ce mindset à adopter permet aux étudiants de gagner sensiblement en temps et en efficacité. «En première année de médecine, l’étudiant ne doit pas se limiter à l’apprentissage à l’approche des examens. Il doit chercher à comprendre au-delà des notions de base et s’ouvrir à différentes perspectives», nous assure Bensouda. Une curiosité intellectuelle qui constitue un moteur essentiel de motivation sur le long terme, selon le doyen.

Préserver son bien-être fait également partie des priorités à prendre en compte si l’on souhaite valider cette année avec succès. Cela doit passer par la pratique régulière d’une activité physique qui, intégrée à la routine de l’étudiant, l’aidera à réduire considérablement le stress et à booster sa productivité. «Il s’avère capital d’utiliser le sport comme un outil de résilience face au stress et à la charge de travail», tient à préciser à ce sujet Bensouda. L’université Euromed de Fès met à disposition de ses étudiants bon nombre d’installations sportives dans ce sens, dont une piscine olympique, une piscine semi-olympique, un mur d’escalade ainsi qu’un terrain de foot aux normes de la FIFA. «L’étudiant en première année de médecine ne doit en aucun cas négliger son équilibre de vie. Nous accordons une place importante à ce point, un étudiant épanoui étant forcément plus performant», précise le vice-président chargé du pôle santé au sein de l’établissement.

Dormir au moins 6 heures pour garantir une concentration optimale

Il est aussi conseillé d’accorder une attention particulière à la qualité du sommeil et à l’alimentation. Un sommeil au minimum de 6 heures et une alimentation équilibrée sont en effet nécessaires, assurant la concentration et la mémorisation de l’étudiant.

Se relaxer régulièrement représente aussi un allié puissant. L’étudiant peut recourir à des techniques de relaxation permettant de réduire la pression à l’approche des examens, dont, par exemple, une technique de respiration qui consiste à respirer de façon lente et profonde.

Concevoir des fiches de synthèse incluant des connexions entre les modules

Une méthodologie rigoureusement appliquée s’avère par ailleurs essentielle pour pouvoir relever le challenge. L’étudiant doit, dès son entrée à la faculté, concevoir quotidiennement des fiches de synthèse de manière claire, progressive et structurée, en n’oubliant pas de les enrichir en multipliant les connexions entre les différents modules. «Une démarche à adopter qui favorise une compréhension transversale, indispensable à une vision intégrée des sciences médicales», tient à souligner Bensouda.

Courbe de l’oubli, cartes mentales, cahier d’erreur…

Parmi les outils les plus fréquemment utilisés par les vétérans du parcours, les cartes mentales, un diagramme qui présente les idées sous forme visuelle, ou encore la courbe de l’oubli, une méthode consistant à comprendre dans un premier temps le cours pour l’approfondir par la suite en revenant sur les notions non comprises, avant d’enfin l’apprendre par cœur.

Comptant également parmi les outils les plus efficaces pour réussir dans le domaine, le cahier d’erreur, dont le principe consiste à détailler au maximum ses fautes lors des QCM et des examens blancs. «En détaillant ses fautes et en y apportant la bonne réponse, l’étudiant peut plus facilement comprendre son erreur et, ainsi, ne plus la reproduire», nous précise-t-on.

Le portfolio de parcours pour capitaliser sur ses acquis

Tenir un portfolio de parcours rassemblant les compétences acquises, les expériences et les projets réalisés tout au long du cursus est également conseillé par les experts. «Un moyen pour l’étudiant de suivre sa progression tout en valorisant son profil académique et professionnel», précise Bensouda.

Pour compléter ces outils stratégiques, certaines universités offrent un accompagnement ciblé. C’est le cas de l’université Euromed, qui intègre dans le parcours de ses étudiants une «approche pédagogique»,  centrée sur les projets et les mises en situations réelles.

«Dès le départ, nos étudiants sont invités à travailler sur des projets collaboratifs qui leur permettent d’appliquer concrètement leurs connaissances acquises en travaillant autant que possible en équipe», nous apprend Nejjari. Un modèle pédagogique innovant, le «learning by doing», littéralement apprendre en faisant, qui place l’expérimentation et la pratique au cœur de l’apprentissage.

Un éventail de carrières à la clé

Les études en médecine ouvrent la voie à un large éventail de carrières. Les diplômés peuvent, s’ils le souhaitent, exercer la médecine générale. «Une carrière qui requiert une solide capacité d’adaptation ainsi que des compétences cliniques étendues», précise le doyen de la Faculté internationale de médecine de l’UIR Adil Bensouda.

Autre option envisageable, se spécialiser. «A l’issue des 6 années de tronc commun, l’étudiant en médecine peut accéder à une spécialité médicale, chirurgicale ou biologique en fonction de son profil et de ses intérêts», souligne ainsi le responsable.

Enfin, il est aussi possible d’explorer de nouveaux domaines émergents et prometteuses, telles que l’intelligence artificielle en santé, la recherche médicale, la gestion hospitalière ou encore  l’informatique relié aux systèmes de santé.


La parade à suivre en cas d’erreur de parcours

Après un échec ou une prise de conscience à l’issue de cette première année, une réorientation peut être envisagée. «Si l’année n’a pas été validée, le redoublement peut être autorisé», nous apprend le doyen de la Faculté internationale de médecine de l’UIR Adil Bensouda. L’étudiant peut également choisir de se rediriger vers une licence scientifique, une classe préparatoire en biotechnologie ou une filière paramédicale comme la kinésithérapie, l’orthophonie ou la nutrition. En cas d’année réussie, l’étudiant désirant changer de voie peut choisir de poursuivre la formation jusqu’à la fin de la deuxième année pour décrocher le Diplôme d’études fondamentales en sciences médicales (DEFSM). Un diplôme intermédiaire ouvrant la voie à plusieurs réorientations telles que des filières universitaires en biologie et en neurosciences ou encore des écoles spécialisées en ingénierie biomédicale.

Karim AGOUMI

 

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