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Rentrée universitaire: Les nouveautés des écoles

27La rentrée dans l’enseignement supérieur promet son lot de nouveautés cette année. Relevant du privé ou du tiers secteur, les écoles ambitionnent de remodeler leurs programmes pour pouvoir répondre aux nouveaux besoins du marché –conduits par la transformation digitale- et préparer activement aux métiers de demain.

■ HEM devient l’Université Internationale HEM

La rentrée 2026-2027 ne sera pas une rentrée comme les autres à HEM. Près de quarante ans après sa création, l’école devient l’Université Internationale HEM. «Ce n’est pas un simple changement de statut, c’est un changement d’échelle stratégique», annonce sa directrice générale Bouchra By. «Notre choix n’est pas de multiplier les programmes pour occuper le terrain, mais de construire une offre académique pilotée par trois exigences: les compétences que les entreprises recherchent réellement, les métiers qui émergent, et l’ouverture internationale comme standard et non comme option», complète la responsable.
Dans ce sens, le groupe projette de consolider ce qui a toujours constitué son ADN, le lien aux entreprises, en associant davantage ces dernières à la conception des formations et en densifiant les expériences concrètes, telles que les stages et l’alternance. «C’est historiquement notre signature, et nous l’intensifions : associer davantage les entreprises à la réflexion sur les compétences et les métiers de demain, et multiplier les points de contact réels entre étudiants et monde professionnel», souligne Bouchra By. «Objectif: des diplômés capables non seulement de s’insérer, mais de s’adapter et d’évoluer dans des environnements en transformation rapide», ajoute la directrice.
La nouvelle université prévoit également d’accélérer sensiblement son internationalisation. «Notre appartenance à LCI Education, présent sur cinq continents et accueillant chaque année plus de 20.000 étudiants, constitue un levier concret pour les mobilités, les doubles diplômes et les partenariats académiques. Notre ambition: que nos étudiants puissent construire des trajectoires de réussite au Maroc, en Afrique et à l’international, sans arbitrage entre les trois», nous éclaire la responsable.
Le groupe prévoit aussi de revoir ses infrastructures pour mieux correspondre à sa nouvelle vision. «Nos campus de Casablanca et de Rabat vont évoluer pour porter les ambitions du nouveau projet universitaire, avec des espaces repensés pour l’apprentissage collaboratif et l’innovation pédagogique».


■ ESCA actualise son offre de formation

ESCA Ecole de Management ne fait pas exception en matière de nouveautés cette année. L’école privée enrichit son offre de formation et fait évoluer significativement ses parcours afin d’accompagner activement les transformations des métiers et les nouveaux besoins des entreprises. Ainsi, dans son Programme Grande Ecole, la spécialisation «Ingénierie financière» sera davantage orientée vers la finance de marché.
«Elle intègre désormais des enseignements en gestion de portefeuille, marchés et produits financiers, méthodes quantitatives, finance comportementale et réglementation», précise à ce sujet la directrice des programmes et accréditations Chourouq Haisni. Les parcours en marketing digital et «Communication et International Business» évoluent également, avec une place accrue accordée à la data, à l’intelligence marketing, à la géopolitique et au management interculturel. Le programme International Business Administration, intégralement dispensé en anglais, poursuit aussi son développement avec l’intégration du «Three Continent Track», un certificat de mobilité à l’international qui permet aux étudiants de se forger une expérience académique sur trois continents. Il intègre notamment des enseignements en Data & AI for Business, Business Analytics et entrepreneuriat. «L’ensemble de nos formations intègre les mutations qui redéfinissent les métiers et les organisations, notamment l’intelligence artificielle et l’analyse de données», souligne responsable.
La formation initiale n’est pas la seule à être impactée. Ainsi, le portefeuille de masters spécialisés, qui couvre les principales fonctions de l’entreprise comme la finance, l’audit, le marketing digital ou encore les ressources humaines, a été entièrement mis à jour.
«Ces formations sont actualisées en concertation avec les entreprises pour intégrer l’intelligence artificielle, la transformation digitale et les nouvelles pratiques professionnelles. Leur objectif est de former des spécialistes immédiatement opérationnels, mais également capables d’accompagner durablement la transformation de leur fonction», nous apprend Haisni. L’offre est complétée par le lancement au Maroc, en collaboration avec ESCA, du MBA de HEC Liège et du Global Executive MBA de la Telfer School of Management de l’Université d’Ottawa. «Ces programmes permettent aux cadres et dirigeants d’accéder depuis Casablanca à des formations internationales de haut niveau, tout en poursuivant leur activité professionnelle».


■ L’ESSEC consolide ses partenariats académiques

La rentrée 2026 revêt une dimension symbolique pour l’ESSEC Business School, l’institution célébrant ses dix années d’implantation au Maroc et en Afrique. «Fort de cette décennie d’ancrage sur le continent, nous poursuivons résolument nos investissements de croissance, tant en formation initiale qu’en executive education», confie son directeur adjoint Hicham Sebti.
Le projet phare de l’institution pour cette année réside dans le renforcement continu de ses partenariats avec les meilleures institutions académiques locales, africaines puis internationales. «Ces alliances de premier plan visent à enrichir nos écosystèmes d’apprentissage et à offrir l’expérience académique puis humaine la plus exclusive à nos étudiants et professionnels en formation, affirmant ainsi notre position de hub éducatif d’excellence au cœur de la région», précise le responsable. L’offre académique, quant à elle, continuera de s’enrichir au cours des prochains mois des expertises de pointe développées par les instituts transversaux de l’école, en particulier dans les domaines stratégiques de l’intelligence artificielle et de la géopolitique.


■ L’UM6P ouvre son résidanat

La rentrée sera également riche et mouvementée pour le tiers secteur. L’UM6P, notamment, fait drastiquement évoluer son offre pour pouvoir répondre davantage aux besoins du Maroc et du continent africain en matière d’emploi. L’institution renforce ainsi ses cycles d’ingénierie avec l’ouverture d’un cursus en génie chimique, minéralogique et biotechnologique. «Ce nouveau cursus viendra compléter les trois cycles déjà proposés en computer science, management industriel et physique appliquée», révèle à ce sujet la directrice des admissions à l’Université Mohammed VI Polytechnique Karine Duvey.
Le pôle santé du groupe poursuit aussi son développement. Selon la responsable, la Faculté des sciences médicales ouvrira le résidanat dans près de onze spécialités, en s’appuyant sur son Centre hospitalier universitaire, opérationnel depuis 2025. «Cette proximité avec le CHU est essentielle : elle permet aux futurs professionnels de santé d’apprendre au contact des patients et des équipes médicales, tout en conservant un lien étroit avec la recherche», précise-t-elle.
La même approche a également été retenue pour la formation en kinésithérapie. «Les étudiants pourront notamment effectuer leurs stages au centre de rééducation de la Smart Health Care City de Benguerir. Ils pourront ainsi mettre rapidement en pratique ce qu’ils apprennent en cours et mieux comprendre la dimension profondément humaine de leur futur métier». Mais le changement sera également infrastructurel. De nouveaux bâtiments d’enseignement et de nouveaux logements étudiants verront ainsi le jour sur les campus de Benguerir et de Rabat. «Tous nos étudiants sont logés sur le campus, car nous considérons que la vie universitaire ne se limite pas aux cours. On apprend aussi dans les échanges, les rencontres, les projets menés ensemble et la vie quotidienne», renchérit Karine Duvey.
L’institution a également de nouveau investi dans des infrastructures scientifiques et pédagogiques, prévoyant d’ouvrir un nouveau bâtiment de laboratoires interdisciplinaires partagés au cours de l’année académique. «Principalement destinés à l’enseignement, ces laboratoires permettront aux étudiants de passer plus facilement de la théorie à la pratique. Ils pourront expérimenter, tester leurs idées, croiser les disciplines et travailler sur des problématiques réelles».

Une Digital farming school en Côte d’Ivoire

Le changement se fera aussi hors Maroc. L’UM6P prévoit d’ouvrir en novembre prochain en Côte d’Ivoire la Digital Farming School: une école conçue pour accompagner la transformation agricole actuelle. L’initiative, développée en partenariat avec l’Institut National polytechnique Félix Houphouët-Boigny avec le soutien d’OCP Africa, répond à une transformation profonde de l’agriculture, au sein de laquelle les données, l’intelligence artificielle, l’agriculture de précision et les outils numériques créent de nouveaux besoins en compétences.
«La DFS formera des profils capables de mettre ces technologies au service de problématiques agricoles concrètes: spécialistes des données agricoles, futurs entrepreneurs de l’Agritech ou ingénieurs», confie à ce sujet la directrice des admissions à l’Université Mohammed VI Polytechnique Karine Duvey.
Fondée sur la pédagogie pratique, cette formation sur deux années combinera apprentissage par projet, expérimentation en ferme-école et accompagnement entrepreneurial. «A travers cette école, nous voulons contribuer à faire émerger en Côté d’Ivoire, et plus largement en Afrique de l’Ouest, les talents qui accompagneront durablement la transformation des systèmes agricoles», révèle la responsable.

Karim AGOUMI

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