Le Canada et la France: quelles destinations pour les étudiants marocains en 2025 – 2026?

L’orientation des étudiants marocains vers l’étranger pour leurs études supérieures fait l’objet d’un intérêt croissant. Parmi les destinations, la France a longtemps été la référence, soutenue par les liens historiques, la proximité linguistique, et une forte image académique. Le Canada, notamment le Québec, attire aussi de plus en plus. Examinons les données récentes pour voir si ces deux pays conservent leur attrait.
Statistiques récentes pour la France
- Pour l’année universitaire 2022-2023, 45 162 étudiants marocains étaient inscrits dans l’enseignement supérieur en France, ce qui place le Maroc en première position parmi les nationalités étrangères présentes dans les établissements supérieurs français.
- Sur un total d’environ 412 087 étudiants étrangers en France la même année académique, les Marocains représentent plus de 10 % de cette population.
- Le Maroc est également le premier pays d’origine des étudiants étrangers inscrits en écoles d’ingénieurs en France : 6 110 étudiants marocains en écoles d’ingénieurs en 2022-2023
- Dans les écoles de commerce, le Maroc figure parmi les principales nationalités étrangères : environ 8 403 étudiants marocains dans les écoles de commerce en 2022-2023
- Pour l’année universitaire 2023–2024, selon Campus France, environ 43 354 étudiants marocains étudiaient en France.
Ces chiffres montrent que la France continue non seulement d’accueillir un nombre important d’étudiants marocains, mais que cet effectif reste stable voire en légère augmentation, particulièrement dans certaines filières comme ingénierie et commerce.
Quelques données concernant le Canada / Québec
Les données disponibles sont moins précises et moins fréquentes, mais elles donnent des tendances intéressantes :
- Le Québec a annoncé une baisse du nombre maximal de demandes d’admission d’étudiants étrangers entre 2024 et 2025. Le gouvernement provincial a limité les demandes à 124 760, contre 156 647 l’année précédente, soit une réduction d’environ 20 %.
- Une estimation faite par Archimède Consulting en 2019 suggérait que le nombre d’étudiants marocains au Québec était déjà de plus de 3 000, représentant une croissance notable par rapport aux années précédentes.
- On relève aussi qu’une large majorité des étudiants marocains au Canada choisissent le Québec quand ils optent pour ce pays, en raison de la langue ou de la culture francophone.
Tendances et comparaisons
À partir de ces données, plusieurs constats peuvent être faits :
- La France reste dominante : Elle accueille bien plus d’étudiants marocains que le Canada, en grande partie grâce à ses infrastructures universitaires, les facilités linguistiques (francophonie), et les politiques de mobilité (bourses, programmes de coopération, etc.).
- Filières ciblées : Les étudiants marocains en France sont fortement représentés dans les filières d’ingénierie et de commerce, deux domaines à forte attractivité. Cela indique non seulement un choix académique orienté vers l’employabilité, mais aussi la perception d’un prestige associé à ces filières en France.
- Le Canada gagne du terrain, mais plus lentement : Les mesures de plafonnement ou de quotas au Québec suggèrent que l’attractivité est là, mais aussi que des contraintes administratives ou politiques viennent limiter la croissance.
- Diversification des destinations : Bien qu’il reste numéro un, la France voit peut-être une relative baisse ou stabilisation due à la concurrence d’autres pays européens, des États-Unis, du Canada, et même des campus locaux au Maroc ou dans la région.
Défis et perspectives
- Coût de la vie et barrières financières : Même en France, le coût du logement, des transports ou certains frais universitaires restent un frein pour de nombreux étudiants marocains.
- Visa / mobilité : Les procédures de visa ou les titres de séjour sont parfois compliqués. Le Canada impose également des conditions strictes, qui peuvent décourager certains candidats ou allonger les délais.
- Compétition étudiante croissante : Avec la mondialisation de la mobilité, de plus en plus d’étudiantes et d’étudiants marocains envisagent plusieurs destinations (France, Canada, Europe du Nord, etc.), ce qui oblige la France et le Canada à maintenir ou améliorer leur offre (qualité de l’enseignement, soutien, bourses, accueil).
- Langue : Le français reste un atout pour la France et le Québec mais, dans un monde académique de plus en plus anglophone, la maîtrise de l’anglais est un facteur de plus en plus déterminant, surtout pour les étudiants souhaitant poursuivre vers les Masters ou doctorats internationaux ou les carrières en recherche.
La France conserve une place de premier plan parmi les destinations universitaires des étudiants marocains. Elle les accueille en nombre, particulièrement dans les domaines d’ingénierie et commerce, et reste très attractive grâce à la langue, à la proximité culturelle, à la reconnaissance des diplômes. Le Canada, surtout le Québec, est une alternative croissante, mais avec encore des contraintes (administratives, quotas) qui limitent son expansion par rapport à la France.
La France reste la destination préférée, mais le Canada est de plus en plus dans le radar des Marocains, et la scène est en train de devenir plus concurrentielle.
Brahim RAJI




