Tribune du campus

Le « SWATTING » : ce phénomène dangereux qui met les campus américains sous tension. Le Maroc est-il à l’abri ?

Le phénomène de « swatting », une vague de fausses alertes d’urgence ciblant les universités, fait rage aux États-Unis. Ce comportement, qui perturbe les campus et met en danger les étudiants, soulève des questions sur la sécurité de nos propres établissements d’enseignement supérieur.

Qu’est-ce que le « swatting » ?

Le « swatting » est un canular de très mauvais goût qui consiste à appeler les services de police d’urgence (comme les unités d’intervention SWAT aux États-Unis) pour signaler une fausse menace grave, telle qu’une fusillade ou une prise d’otages. L’objectif est de déclencher une intervention massive de la police, entraînant le chaos, la panique et, parfois, des blessures physiques. Aux États-Unis, ce phénomène est récurrent, mais il a pris une ampleur inquiétante sur les campus universitaires à la rentrée 2025. Des universités de Caroline du Sud, de Pennsylvanie et du Tennessee ont été la cible de ces fausses alertes, créant des scènes de panique et de confusion parmi des milliers d’étudiants.

Des conséquences humaines et matérielles lourdes

Si l’intention première est de semer la panique, les conséquences réelles sont bien plus graves. En plus du choc psychologique pour les étudiants et le personnel, ces fausses alertes mobilisent d’énormes ressources policières, détournant les équipes de véritables urgences. Le coût financier de ces interventions se chiffre en milliers de dollars pour les contribuables américains.

Le danger n’est pas seulement psychologique : des mouvements de foule peuvent entraîner des blessures. Un étudiant a même été faussement accusé d’être le tireur après qu’une photo de lui avec un parapluie a circulé sur les réseaux sociaux. Ces incidents soulignent la facilité avec laquelle une rumeur peut dégénérer et causer des dommages irréversibles.

Une menace pour nos campus marocains ?

Face à ce phénomène qui, selon le FBI, s’apparente à une forme de terrorisme intérieur, il est légitime de se demander si nos établissements d’enseignement supérieur sont vulnérables. Nos universités et écoles supérieures sont des lieux ouverts, effervescents et de plus en plus connectés. Bien que le contexte sociétal et légal au Maroc soit différent, l’anonymat des réseaux sociaux et la viralité de l’information sont des facteurs universels.

À l’heure actuelle, les établissements marocains n’ont pas été confrontés à un phénomène d’une telle ampleur. Mais la prévention est la meilleure des stratégies. Les administrations universitaires doivent être prêtes à :

  • Renforcer les protocoles de sécurité et de communication en cas d’alerte.
  • Éduquer la communauté étudiante sur les risques liés aux fausses alertes et à la diffusion de rumeurs sur les réseaux sociaux.
  • Collaborer avec les autorités locales pour mettre en place des réponses rapides et coordonnées.

Le « swatting » nous rappelle que la sécurité sur un campus ne se limite pas aux menaces physiques, mais inclut également la lutte contre la désinformation et la panique de masse. C’est une bataille de l’information qui nécessite une vigilance collective.

Brahim RAJI

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