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L’intelligence artificielle au programme des grandes écoles

  • UM6P, RBS, ESITH … L’IA s’invite dans les programmes de nombreux établissements
  • Des cursus appliqués à l’ingénierie et au management

De plus en plus de grandes écoles intègrent l’intelligence artificielle dans leurs cursus. Elles proposent des formations visant à préparer les étudiants aux défis de la transformation numérique, et à leur transmettre des compétences spécialisées, devenues aujourd’hui particulièrement prisées par les entreprises pour pouvoir gagner en efficacité et en compétitivité.

                                                                           

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Ismail Berrada, directeur pédagogique au College of Computing de l’UM6P

College of computing de l’UM6P : Des cursus sur concours

Le College of Computing de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), présent sur le campus de Benguerir et disposant d’une branche à Rabat, propose dans ce sens un diplôme d’ingénieur en Computer science sur cinq ans, avec plusieurs spécialisations en intelligence artificielle, Machine Learning et Data Science, ainsi qu’en cybersécurité. «Nos formations allient une base théorique solide à une approche pratique couvrant des domaines clés tels que l’apprentissage profond (deep learning), le traitement du langage naturel (NLP), la vision par organisateur ou encore, la science des données. Elles bénéficient par ailleurs d’une immersion dans des projets appliqués et des recherches de pointe, en accédant à Toubkal, le supercalculateur le plus puissant d’Afrique, ainsi qu’à un large réseau de partenaires industriels et académiques», nous confie le directeur pédagogique du College of Computing Ismail Berrada. Objectif : former des ingénieurs et des chercheurs en IA capables de répondre aux défis technologiques et industriels actuels. «Nous mettons également l’accent sur l’éthique de l’IA, en sensibilisant nos étudiants aux implications sociales et aux bonnes pratiques dans le développement d’algorithmes intelligents», complète le responsable. Deux concours permettent d’accéder à ce diplôme, l’un destiné aux bacheliers intégrant le cycle préparatoire intégré, et l’autre pour les étudiants rejoignant directement le Cycle d’ingénieur en troisième année.

                                                                           

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Adelsamad Chouar, directeur des études à l’ESITH

ESITH: Apprendre aux étudiants à utiliser : l’IA pour optimiser les processus industriels

L’ESITH intègre également l’IA dans ses formations. Dans sa filière «Génie industriel», l’option «Excellence Opérationnelle & Smart Manufacturing» met l’accent sur l’optimisation des processus industriels, grâce à l’IA. L’option «Smart Logistics & Supply Chain Management» permet par ailleurs aux étudiants d’apprendre à utiliser cette forme d’intelligence pour améliorer la gestion des flux logistiques. La filière «Informatique et Management des Systèmes», quant à elle, se réoriente en abordant des sujets de pointe tels que les mathématiques et algorithmes pour l’IA, l’IA générative ou encore, la digitalisation des procédés industriels. «Nos programmes ont pour objectif de former des ingénieurs capables d’exploiter l’intelligence artificielle et la transformation digitale, afin d’améliorer la performance des entreprises tant sur le plan industriel que décisionnel», précise le directeur des études à l’ESITH Adelsamad Chouar. «Elles permettent aux étudiants de développer une expertise en modélisation et en apprentissage automatique, d’appliquer l’IA à l’optimisation des processus, et d’intégrer des technologies avancées comme la vision par ordinateur, la cybersécurité ou encore l’internet des objets», complète la responsable de la filière Ingénieur «IMS» de l’école Raja Elboq. L’admission à ces formations se fait principalement via le Concours national commun, qui permet aux étudiants des classes préparatoires scientifiques d’intégrer les écoles d’ingénieurs.

                                                                           

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Mohammed Zaoudi, directeur général de l’IGA

IGA: «Un prérequis indispensable pour intégrer le marché du travail»

L’intelligence artificielle est un créneau sur lequel se positionne également l’IGA. Plusieurs spécialités proposées par l’établissement l’ont d’ores et déjà intégrée, parmi lesquels l’informatique industrielle, le développement logiciel ou encore les télécoms réseaux et systèmes embarqués. «L’IA est devenu aujourd’hui un prérequis indispensable pour pouvoir intégrer plus facilement le marché du travail. Malgré les pertes d’emplois qu’elle occasionne, l’intelligence artificielle crée de réelles opportunités dans des domaines comme la finance, la santé ou encore, le commerce», tient à préciser le directeur de l’IGA Mohammed Zaoudi. A l’avenir, l’établissement projette d’enrichir son offre de formations dans ce domaine. «Nous sommes actuellement en train de travailler sur de nouveaux programmes répondant à la forte demande de l’IA. Ils seront proposés sous forme de masters ayant comme finalité la spécialisation et l’expertise en matière d’intelligence artificielle», conclut le directeur.

                                                                           

RBS: Des outils essentiels à la prise de décision et à la performance des entreprises

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Nicolas Arnaud, doyen de Rabat Business School

Les étudiants en management ne sont pas non plus en restes. En effet, Rabat Business School propose un Master en Business Analytics & Data Science for Business, formant des experts en IA appliquée à la stratégie en entreprise. «Ce programme a été conçu pour répondre aux défis actuels en dotant les étudiants des compétences analytiques et technologiques, essentielles à la prise de décision et à l’optimisation des performances en entreprise. Il propose également des projets pratiques basés sur des études de cas réels réalisés à l’aide d’outils couramment utilisés dans l’industrie, tels que Python ou encore ; Knime», souligne le doyen de Rabat Business School Nicolas Arnaud. «Les diplômés sont préparés à occuper des postes clés dans la transformation digitale des entreprises, en intégrant les technologies d’analyse de données et d’IA au cœur des processus organisationnels», ajoute le responsable.

                                                                           

ESCA Ecole de Management : Utiliser l’IA pour concevoir de nouveaux modèles d’affaires

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Salma Maoufoud, directrice Académique de l’ESCA Ecole de Management

L’ESCA Ecole de Management place l’IA au cœur de son enseignement. «Plusieurs modules, implémentés au niveau de nos programmes, préparent nos étudiants à l’utilisation intelligente et responsable d’outils en intelligence artificielle tels que Phyton, un langage de programmation pour les applications web, ou encore, l’analyse de données. «Que ce soit en marketing digital, en finance ou en ressources humaines, nos apprenants sont amenés à suivre des modules transversaux leur permettant de maîtriser  ces outils», révèle la directrice Académique de l’ESCA Ecole de Management Salma Maoufoud. L’un des objectifs de ces modules consiste à stimuler l’innovation et la créativité des étudiants. «L’innovation étant une compétence clé prisée par le monde professionnel, nos étudiants utilisent l’IA non seulement pour concevoir de nouveaux modèles d’affaires, mais aussi, pour offrir des solutions novatrices aux entreprises, comme le développement de nouveaux produits et services», conclut-t-elle.

Les compétences IA les plus prisées par les employeurs

Machine Learning, Datascience, vision par ordinateur…

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Salah Baina, enseignant-chercheur, expert en stratégie de transformation digitale et en IA

Les formations actuellement proposées par les grandes écoles dans le domaine de l’IA transmettent des compétences comptant parmi les plus demandées sur le marché marocain.

Parmi ces dernières, le Machine Learning ou Deep Learning (en français apprentissage automatique), qui consiste à développer des modèles prédictifs et des systèmes intelligents automatisés. «Les profils de data scientists et d’ingénieurs en apprentissage automatique maîtrisant les algorithmes de machine learning sont très demandés. En 2025, l’IA et le Machine Learning figurent en tête des compétences technologiques recherchées au Maroc», nous apprend Salah Baina, enseignant-chercheur  à l’ENSIAS et expert en stratégie de transformation digitale et en intelligence artificielle .

Les data engineers particulièrement recherchés

Autre compétence IA particulièrement demandée, le traitement du langage naturel ou NLP. Avec l’essor des chatbots et des assistants vocaux, les compétences en NLP permettent de concevoir des systèmes de compréhension automatique du langage, tels que l’analyse sémantique ou encore la traduction automatique. «Les entreprises intègrent de plus en plus les agents conversationnels et ont besoin d’experts capables de gérer les modèles de langage», nous éclaire le spécialiste.

La datascience ou ingénierie des données se veut, quant à elle, essentielle pour extraire des informations stratégiques à partir de données massives. «Les organisations recherchent des ingénieurs de données (data engineers) capables de collecter, nettoyer et préparer des volumes massifs de données afin de pouvoir alimenter les modèles d’IA. La science des données (data science) et l’analyse statistique figurent ainsi parmi les domaines clés cités par les employeurs», indique l’expert à ce sujet.

La vision par ordinateur, consistant à maîtriser les techniques d’analyse d’images et de vidéos par IA, constitue aussi un atout de poids. Il s’agit d’une compétence demandée par les startups de la healthtech, ainsi que par les projets industriels de contrôle qualité, selon Salah Baina.

Enfin, le cloud computing et l’intelligence artificielle distribuée s’avèrent nécessaires pour pouvoir optimiser les performances des modèles IA sur des infrastructures décentralisées. «La connaissance des plateformes cloud appliquée à l’IA est précieuse pour déployer des solutions évolutives. La conception d’architectures IA sur le cloud et la maîtrise des services cloud d’IA, par le biais de Google AI, sont de plus en plus souvent exigées», conclut l’expert.

                                                                           

ABS forme des «business translators»

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Ravi Prakash Ranjan,  professeur assistant en business analytics et IA à Africa Business School

Africa Business School, l’école de commerce de l’UM6P, intègre depuis peu l’intelligence artificielle dans ses programmes. «Aujourd’hui, personne dans le business n’a le luxe de pouvoir dire que l’intelligence artificielle ne le concerne pas. L’IA ne doit plus être réservée à une population technique composée de data scientists», souligne Agnès Gorge, professeure en Business Analytics et directrice scientifique du programme MBAT à Africa Business School. «A Africa Business School, nous reconnaissons que l’intelligence artificielle transforme rapidement le paysage des affaires. Bien que bon nombre de spécialisations en IA se retrouvent dans les départements d’informatique, notre objectif à ABS consiste à doter les leaders d’entreprises des connaissances et des compétences nécessaires pour tirer pleinement parti de cette forme d’intelligence dans la prise de décision managériale», complète le professeur assistant en business analytics et IA Ravi Prakash Ranjan. L’établissement propose dans ce sens un certificat en Analyse pour la prise de décision managériale, explorant notamment l’application de l’IA et des techniques de recherche opérationnelle (RO) afin de pouvoir résoudre des problèmes complexes en entreprise. ABS intègre également dans ses cursus un Master en analyse pour la transformation des affaires (MBA-T) ou Master en Busines Analytics for transformation, dont l’apprentissage par l’action permet aux étudiants d’appliquer immédiatement leurs compétences en IA dans leurs rôles professionnels. «L’objectif de ce master n’est pas de former des data scientists, mais des business translators, à savoir des experts capables de détecter des opportunités d’applications par fonction managériale», conclut Agnès Gorge.

Karim AGOUMI

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