OFPPT: Les filières qui cartonnent

- Santé, aéronautique et sports équestres en tête
- Des parcours d’excellence «co-brandés» aussi
L’OFPPT, principal opérateur de formation professionnelle au Maroc, ne cesse de monter en régime. Cette année, l’Office géré par Loubna Tricha a mobilisé 490 établissements couvrant 18 secteurs de formation, avec une capacité globale de 415.800 places pédagogiques.

Dans le cadre de sa nouvelle feuille de route, l’Office a totalement revu sa carte de formation. Certaines filières attirent en masse, enregistrant des niveaux de demande «très élevés», selon l’OFPPT, pouvant atteindre 32 candidatures pour 1 place pédagogique (voir tableau). La santé, l’aéronautique et les sports équestres arrivent en tête des domaines les plus prisés. Le top 10 concerne principalement des parcours diplômants formant des techniciens spécialisés (TS), soit 9 sur 10, contre un seul cursus livrant des profils de niveau technicien (T).
Comment y accéder? Pour le niveau TS, une sélection sur la base de la moyenne générale du bac, et de l’option du bac, est prévue. Dans les Cités des métiers et des compétences (CMC), les candidats doivent aussi passer devant une commission pour un entretien oral. Les postulants doivent être titulaires du baccalauréat au moins, ou équivalent, ou bien posséder un diplôme de niveau technicien, selon un tableau de correspondance. En termes d’âge, la limite est de 30 ans, sauf pour les étudiants passant par une passerelle, pour lesquels l’âge peut aller à 33 ans.
Pour le niveau technicien, la sélection s’opère via des tests psychotechniques. Dans les CMC, un test de soft skills est de rigueur. Pour certains secteurs, comme le tourisme & hôtellerie & restauration, commerce & gestion et santé, les candidats doivent aussi élaborer une «vidéo présentative».
Les frais d’inscription varient entre 400 et 950 DH par an, selon les spécialités.
Hôtellerie, entrepreneuriat et e-commerce
L’OFPPT commence également à proposer des filières d’excellence «co-brandées», à l’instar du programme VET by EHL, lancé en 2021 en partenariat avec l’Ecole hôtelière de Lausanne, l’une de meilleures au monde. Quatre parcours y sont proposés: Arts culinaires, services food & beverage, hébergement et administration hôtelière. Il est ouvert aux lauréats de l’OFPPT, titulaires des diplômes de technicien (en cuisine, boulangerie-pâtisserie, service de restauration) et technicien spécialisé (en hébergement-réception ou en gestion hôtelière). La formation se déroule en trois niveaux: Fondation, intermédiaire et avancé.
Autre cursus d’excellence, le Programme d’Innovation Entrepreneurial (PIE), élaboré avec l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Il est ouvert à tous les stagiaires de l’OFPPT et des CMC, à travers un module en première année. Les bénéficiaires sont ceux ayant réussi le module et fait preuve d’une grande motivation (30% des stagiaires de 1re année). Le parcours est sanctionné par un certificat de formation qualifiante.
A ces deux cursus s’ajoute la formation qualifiante en E-Commerce
«Atelier Luban». Il s’agit d’un programme de formation en commerce électronique transfrontalier, né d’un partenariat avec le Tianjin College of Commerce (TCC) en Chine. Implémenté au niveau de l’ISTA Hay Hassani 1 à Casablanca, il s’étale sur 4 mois.
Abandons: A peine 2,78%
Si dans les facultés à accès ouvert les taux d’abandon peuvent atteindre des sommets (jusqu’à plus de 28% la première année), à l’OFPPT il s’agit d’un épiphénomène. Selon l’Office, le taux de déperdition des stagiaires de la formation professionnelle diplômante est d’à peine 2,78%, tous niveaux confondus. «Ce taux concerne essentiellement les niveaux spécialisation & qualification, dont les stagiaires sont des jeunes en décrochage scolaire, et non encore réconciliés avec l’environnement de formation», précise l’Office.
Ahlam NAZIH
27% des bacheliers choisissent la formation professionnelle
- L’administration, gestion et commerce comme premier choix
- Suivi par le digital et l’IA

Les bacheliers choisissent toujours majoritairement des parcours d’enseignement supérieur. Toutefois, la formation professionnelle en attire de plus en plus. En 2023, quelques 27% s’y sont orientés, soit 81.696, selon Wafa Asri, SG par intérim du département des compétences relevant du ministère de l’Inclusion économique (ex département de la Formation professionnelle). «Ce chiffre témoigne de l’intérêt croissant pour cette voie, qui s’impose de plus en plus comme une alternative crédible et attrayante aux parcours académiques traditionnels», souligne-t-elle.
Cette année la tendance est encore plus marquée, avec 310.181 postulants pour 129.806 places pédagogiques offertes. «Ce changement est le fruit d’un travail de fond visant à valoriser pleinement l’image de la formation professionnelle et à en faire une voie d’excellence», explique Wafa Asri. Ainsi, l’image de marque des parcours professionnalisants s’améliore selon la SG. «La Formation professionnelle était perçue comme une solution d’appoint. Aujourd’hui, et grâce notamment aux fruits des efforts fournis et l’Attention Royale, elle est devenue un levier principal de l’inclusion économique et sociale», soutient-elle.
24% des nouveaux bacheliers optant pour la formation professionnelle s’orientent vers l’administration, gestion et commerce, 20% vers le digital et l’IA et 17% vers le paramédical et la santé. A côté de ce trio de têtes, d’autres secteurs arrivent à drainer des effectifs «significatifs», comme l’électricité & électronique (8%), le BTP (6%) et l’automobile (5%) et le tourisme, hôtellerie et restauration (5%).